Jeudi 4 décembre 2008

 


Un voile blanc.
Une musique énigmatique,à peine perceptible.
Et l'épidémie frappe.
Une fois,deux fois puis la toile se tisse.
L'épidémie est contagieuse.


Le gouvernement décide face aux prémisses d'une panique ambiante de mettre les malades en quarantaine,loin de cette métropole bourdonnante d'activités .

« Blindness » commence réellement à la mise en quarantaine des malades,après avoir présenté ses quelques protagonistes piliers.

Marc Ruffalo est un ophtalmologue reconnu,Julianne Moore est son épouse dévouée et surtout elle est la seule qui ne sera jamais touchée par la maladie.Pourquoi cela?Aucune explication n'est donnée,figée,unique.le film est adapté du best seller « L'aveuglement » écrit par le Prix Nobel de littérature José Saramando et reste fidèle à son auteur.L'idée n'est pas de donner une réponse mais de laisser le spectateur tirer ses conclusions,de laisser agir le processus de réflexion plus que de donner à savoir.

Le film va donc déployer comme une synesthésie de l'aveuglement à travers sa réalisation,sa musique,ces plans obscurs,et ce grain de photo particulier qui met parfois mal à l'aise.


Car oui,on est parfois très mal à l'aise dans ce film.


La vie dans les dortoirs de la quarantaine,tournée en réalité dans une ancienne prison,est une antre de danger et de solidarité.Les malades s'accumulent,femmes,enfants,vieillards tout le monde est rassemblé, et s'organisent avec les moyens du bord,très très précaires.La place vient à manquer très rapidement et à mesure que le nombre de pensionnaires s'accroît,les conflits se génèrent d'eux mêmes.

Ainsi, comme dans toute micro société en péril,la guerre du plus fort est déclaré ,ici,par l'auto proclamé « roi du dortoir » Gael Garcia Bernal,très efficace en pervers tendancieux et tête à claque.

Dès lors,tous les moyens sont bons pour avilir les plus faibles.Détention d'objets précieux et prostitution des femmes soi disant « volontaires » en échange de quelques victuailles par exemple.


Tout le long de ce quotidien rythmé par la survie des aveugles,Julianne Moore,elle,voit tout,elle seule avec pour unique témoin le spectateur impuissant.

 

Son personnage est brillant,téméraire,compréhensif,on se demande réellement comment elle ne craque pas nerveusement face à la misère et au morbide de ces corps exposés et de leurs actions.

Elle apparaît comme une élue désignée par une force supérieure.Pourtant on ne voit jamais les protagonistes prier par exemple,l'hypothétique lien avec Dieu n'est que tardivement cité à travers la parole du prêtre répétant aux fidèles que l'épidémie est une mission émanant de Dieu pour mettre à l'épreuve les êtres humains.


Blindness est donc un film millénariste qui s'interroge sur le comportement primaire de l'homme et sa capacité de survie mais évoque également le dénuement et ses bienfaits.Dans un monde d'aveugle,le racisme,la discrimination se font plus rares ou du moins paraissent obsolètes,dénués de sens.On accéderai à une forme de vérité par l'expérience brutale de la cécité

Un jour,sans explication précise ni redondante encore une fois (c'est ce qui sauve le film de l'estampille « blockbuster » et lui donne cette finesse) les pensionnaires découvrent que le dortoir-prison est délivré de toute garde militaire et qu'ils sont libres de sortir.


La ville est saccagée,le chaos résonne de toute part mais une partie des co-pensionnaires s'unissent et survivent grâce à leur leader à jamais épargné par la maladie.

Par Regina
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Jeudi 4 décembre 2008

 

Vous n'y pensez peut être pas mais l'univers du glam rock a laissé de nombreuses traces dans la musique d'aujourd'hui.

Tel un palimpseste,la musique compte des couches et des sous couches dont les artistes se nourrissent et s'inspirent sans cesse.

A travers l'esthétisme glam,les artistes ont ouvert la voie à une liberté artistique nouvelle,une liberté qui autorise autant le mauvais goût que le grotesque.

Ainsi,les années 80-90 ont vu apparaître ces drôles de figures androgynes appelées « drag queen »,dont les attributs sont les plateformes shoes et les perruques amidonnées.Le succès est au rendez-vous avec l'inconditionnel road movie « Priscilla princesse du désert » de Stephan Elliott en 1994,et une commercialisation à outrance comme le single « extravaganza » dans les années 90 dont tout le monde se souvient,hélas.

Mais le look drag queen va au déla de la provocation bon marché et dévoile une volonté de libérer ces pulsions sexuelles,comme une catharsis dans l'excès.

En ce sens,on peut dire que le glam rock a aidé en partie à l'assimilation de l'homosexualité dans la société en passant par son maillon le plus tolérant et avant-gardiste : l'art.

De nos jours,il est quasiment impossible de recenser l'influence du glam rock dans la multitude de mouvements et de genres.
On pourrait dire que tout le monde s'est inspiré du glam comme du disco,du hip hop,du r'n'b...

Avec du recul,le glam apparaît d'ailleurs très proche du disco dans l'esthétique.

Les chevelus de Kiss sont un pendant du glam rock par leur attitude extravagante et leurs costumes outranciers.Crée en 1973,les gars du Queens vont vendre 100 millions d'albums dans le monde et dériver tous les produits possibles à partir de leur image.

Ils sont les précurseurs du glam métal,genre qui voit ses guitares et percussions s'accélérer dangereusement et son chant plus rageur et mécontent que la pop fluette du glam d'Outre Manche.

De même,les californiens de Motley Crüe représentent le glam métal des années 80 et vont bien plus loin que les artistes glam britanniques en défrayant la chronique et en refusant les standards d'une vie rangée.Tommy Lee,(futur mari de Pamela Anderson) en est son charismatique batteur,connu pour sa violence et ses coups de gueule.L'arrivée de Placebo en 1994 remis au goût du jour l'esthétique glam rock grâce à son chanteur Brian Molko et son ambiguïté sexuelle revendiquée.

Petit bonhomme aux lèvres rouges et mascara,amateur de belles robes comme son mentor David Bowie,il clame à qui veut l 'entendre qu'il a du être « une pute de luxe » dans une vie antérieure (émission « nulle part ailleurs » sur Canal +)Le groupe reprendra d'ailleurs « Twenty Century Boy » de T.Rex pour le film Velvet Goldmine dans lequel Brian Molko et le batteur Steven Hewitt occupent un rôle mineur de groupe glam .

Palcebo a réintroduit au début de sa carrière l'androgynéité dans une période post-grunge,très virile,plus éprise de Kurt Cobain que de Lou Reed.

Les Tokyo Hotel par exemple.Et quel exemple!Ils représentent la nouvelle sensation chez les adolescents après les chanteuses de R'n'b survoltées telles que Beyoncé ou la candide Britney Spears.Les foules se déchaînent pour leur rock commercial mais surtout pour leur chanteur

qui,les picots toujours synchronisés,se pâme comme une diva du métal en scandalisant les parents des adolescents par son androgynéité et son charisme.

Ils sont en cela les héritiers du glam,mais y mêlent du métal,du rock,de la pop,savant mélange qui attirent d'autant plus le respect qu'ils ont choisi de chanter dans la langue de Goethe et de ne pas se plier aux directives de l'entertainment américain.Chapeau bas.Du côté des musiques indépendantes,on décèle des énergumènes tels que Of Montréal mené par la turpitude loufoque de Kevin Barnes,dépressif aciculé qui s'habille aussi bien en farfadet qu'en super héros dans la vie quotidienne.

Dans leur avant dernier opus « Hissing Fauna,are you the destroyer? »,les gars de Athens,Géorgie déploit une pop singulière,entre dance et vocales à la « Bohemian Raphsody » de Queen et traite ainsi d'un divorce et d'une dépression douloureuse en donnant envie de sautiller sur le dancefloor.

Leur excentricité physique et leur sens de l'avant-garde en fait un groupe descendant du glam ,assurèment.Les artistes alternatifs d'aujourd'hui s'inspirent librement de cette époque pailletée:les Dandy Warhols rendent hommage à Bowie dans leur « Welcome to the monkey house »,les Tower London sonnent comme-je cite- « The sweet avec Iggy Pop au chant »,et les Scissor sisters mixent la gaytitude des rave avec la référence à Elton John,producteur de leur dernier album.

Finalement,le mouvement glam,mouvement mineur qui n'a duré officiellement que quatre ans,s'est imposé et insinué dans les fondements même de la pop music,et se fait un dénominateur commun entre la pop,le métal,le rock commercial,indépendant...au même titre que les Beatles,Dylan ou autre pape de la musique.

Par Regina
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Lundi 24 novembre 2008
 

1971.

Les Mods des années 60 portaient le costume italien à la perfection et roulaient en Vespa,les Hippies cueillaient des fleurs des champs et se défonçaient au Lsd.

A l'aube des années seventies,l'Angleterre se devait d'accoucher d'une nouvelle créature.

 

D'étranges personnages vêtus de costume s moulants à paillettes débarquent en trombe dans le paysage musical,et se disent flambeau d'une musique vivante et jouissive,le « glam rock ».

Aussi baptisé « glitter rock »,le glam rock se proclame digne héritier du dandysme d'Oscar Wilde et opte pour un esthétisme manièré à la limite du normal.

Car oui,l'artiste « glam rock » n'est pas réellement un être normal,il est hybride,singulier,souvent de sexe indéterminé,narcissique comme un Dorian Gray du 20ème siècle et va choquer plus d'un puriste conventionnel,autant dire les parents de cette génération débridée qui a soif de nouveauté et d'idole fraîche,de héros.

L'Angleterre est marquée ,en cette période post-swinging london, par de nombreuses tensions politiques et un conservatisme castrateur.

C'est dans ce contexte que le glam rock va déployer ses artifices.Le rock ne changera pas le monde mais il peut l'embellir,faire diversion.


Plus complexe qu'une nouvelle mode provocante,les artistes du glam vont connecter la musique au théatre,à l'univers de la réprésentation,de la mise en scène où le musicien s'oublie dans une schyzophrénie artistique qui le pousse à choisir une autre identité.


David Bowie,maître du genre va se faire appeler Ziggy Stardust puis Aladin Sane,Marc Bolan sera connu en premier lieu comme T.Rex, comme si la scène créait elle même ces personnages ,révélait d'autre « moi » que l'identité civile,sociale,politique,au point même de faire oublier ces indentités naturelles.

Notons la fascination pour les mondes cosmiques et le fantasme du futur à travers les noms de scènes comme les musiciens de Bowie « the spiders from mars »,le titre « space oddity » ou encore les costumes haut en couleur comme tout droit sorti d'un startrek de cabaret.

 

La fiction est au coeur de cette musique,mais n'oublie pas les origines, l'âge d'or du rock n'roll,celui des noirs américains dansant et jouant de la guitare comme habités par une transe religieuse.

Comme dans tout mouvement marquant son histoire,le glam rock est un mélange,une mixture.Entre la volonté du retour au passé,de respect face à la descendance,d'héritage revendiqué et l 'envie de créer l'insolite,le jamais-vu.On pense à Buddy Holly,à Vince Taylor par exemple,idoles de ces blanc becs britanniques.

Ainsi,la guitare électrique s'érige en héraut de ce mouvement,et va faire vibrer des morceaux courts,rapides et cadencés,appelés « pop » (de « populaire ») car destiné à la radio,et surtout à faire danser les jeunes,en opposition avec la folk,la chanson engagée de Bob Dylan pour ne citer que lui.

Durant les glorieuses années de l'émission « top of the pops »,les plus grands groupes glam vont se placer en haut des charts anglais et vivre leur popularité sans répit.

Ici l'urgence est célébrée,celle d'une vie courte,fugace,dont la spontanéité figure sa liberté.

Le slogan « sex,drugs and rock n'roll » fait bien sûr partie de ce mouvement,ajouté à cà les tempéraments ,les egos demésurés et la difficulté à distinguer réalité et fiction,certains artistes parviennent au flou artistique.

La cocaïne et un penchant pour la mégalomanie auront raison de la période glam de Bowie et T.Rex par exemple.

Le mouvement va vivre de folles années entre 1971 et 1975 en Angleterre,avant d'être piétiné,dépouillé de ses artifices par le mouvement punk sans concession et les Sid Vicious ou autre Clash.

Du point de vue de la forme,les morceaux glam excèdent rarement les quatre minutes et se veulent fortes d'impact,en restant facilement en tête grâce à un refrain accrocheur et au riff leitmotive.

 

La musique glam s'oppose au psychédélisme des années 60 et de ses volutes enivrantes,qui se complaisaient dans des envolées brumeuses sans fins et des solos de guitares de plus de quinze minutes parfois(Pink Floyd,Captain Beefheart...)

 

 

Par Regina
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Samedi 4 octobre 2008

J'ai découvert Paul Auster complètement par hasard.
Je chassais les bouquins au Furet du Nord dans l'espoir de trouver des oeuvres correspondant à mon sujet de mémoire sur la marginalité dans la ville,dans un état semi-désespéré semi-frénétique comme tout bon étudiant en recherche qui se respecte,et mon filet est tombé sur ce petit livre de poche.




Il ne payait pas de mine à vrai dire mais la quatrième de couverture était prometteuse.(On sent le chaos qui se dégage de cette illustration très Otto Dix.)
Une jeune fille part retrouver son frère dont elle n'a plus de nouvelles ,dans une contrée lointaine,si lointaine qu'elle se fait appeler « the country of last things ».

Tout un programme.

 

Anna Blume est une jeune femme issue d'un milieu aisé,innocente mais tenace,presque véhémente comme le sont souvent les héroïnes romanesques (Je pense à Jane Eyre entre autres.).
Elle décide contre l'avis de son entourage de partir rechercher son frère journaliste,disparu de la carte depuis plusieurs mois dans des conditions mystérieuses.Dans une longue lettre destiné à un ami d'enfance,lettre envoyé et receptionné par on ne sait qui,on ne sait comment,elle raconte son histoire.
Elle sera tout le long de son voyage le seul témoin de cette ville,la focalisation se voulant exclusivement interne.
Dès lors,le lecteur est Anna Blume,indéniablement.

Le ton est très vite donné.Dès le premier pied posé sur cette terre inconnue,nous savons que Anna est perdue ou risque de se perdre dans cette jungle malsaine,pire qu'inconnue car finalement un écho de ce que nous vivons,connaissons.
C'est ce qui est très dérangeant dans ce roman.Paul Auster réussit avec subtilité à livrer un roman fantastique mais qui finalement ne possède aucun estampille ni réelle marque de fantastique.Comment recevoir en tant que lecteur une pareille incongruité,si authentique et pourtant tellement fictionnelle?

Car cette ville anonyme pourrait porter des centaines de noms.
On pense à une ville sous le régime nazi faite de meurtres injustes,de rationnement,de pénurie alimentaire et de vente de cadavres.On imagine que le nom même d'Anna Blume n'a pas été choisi par hasard et fait référence,rend hommage aux populations juives de la seconde guerre mondiale.On pense à la vague d'émmigration du début du 20ème siècle,Anna devant traverser une éténdue d'eau pour parvenir à son Ellis Island propre.On pense aussi tout simplement à la marginalisation des plus démunis et à l'envers du décor que l'on prefère souvent ignorer par peur du sordide.

Anna est d'emblée une proie facile.Fluette et sans expérience de la grande ville,tout juste tombée du nid,elle débarque avec comme seul outil d'investigation,une photo de son frère,photo qui va devenir son trésor,son chapelet.

Nous n'aurons que peu d'incursion dans le passé d'Anna,quelques traces de sa vie passée mais très peu de faits car la réelle héroïne de ce roman,est cette ville,ce monstre divin qui joue avec ces sujets sans relâche.Les habitants n'ont aucune emprise sur leur environnement,le vent peut les emporter à tout moment par exemple,rien n'est fixe,tout se déplace,se renverse,se meut.

Je rectifie.J'évoque « cette » ville alors que Paul Auster emploie strictement le défini « La »ville.

Paul Auster habite Brooklyn et est l'auteur le plus new yorkais de tous les auteurs new yorkais.Ceci explique peut-être cela.Cette obsession de la ville gigantesque qui absorbe les individus et les rend anonyme,c'est exactement ce dont est fait le mythe de New York,qui rime pour moi avec foule,imprévisibilité,et surtout avec la formule du « tout pour le tout ».

Ici c'est sa vie qu'Anna joue à chaque instant.Elle,si jeune et dénuée de passé va se découvrir dans cette atmosphère où la loi du Talion est la seule religion.Elle est faite prisonnière de la ville mais comme une captive souffrant du syndrome de Stockolm elle déclare à son propos:« elle te donne envie de vivre en même temps qu'elle essaie de te prendre ta vie ».
Mais revenons à l'intrigue.
Anna ne trouve pas son frère.Ses efforts sont annihilés dès le début.Le journal n'existe pas,le téléphone encore moins,personne ne peut la renseigner.Solitude n'est plus le mot à ce stade.Perdition,vide intersidéral serait plus approprié.

La survie devient son seul but.Le dénuement,véritable leitmotiv dans l'oeuvre d'Auster,atteint ici une intensité déconcertante et s'accompagne du danger et de la solitude.

Dormir dans la rue,trouver de l'argent en ramassant des déchets à revendre,Anna plonge dans la marginalité la plus sauvage mais va trouver l'amitié en la personne d'Isabelle,une pauvre femme malingre qui vit avec son mari devenu à moitié fou et qui tente elle aussi de survivre.
Une alliance s'organise mais Isabelle dépérit.Le mari meurt après avoir tenté de violer Anna et les deux femmes doivent jeter son corps du haut de l'immeuble,amère métaphore de la liberté dans la mort à défaut d'avoir été vécu dans la vie.Puis Isabelle disparaît a son tour.

Les forces d'Anna s'amenuisent,l'effacement la guette,elle n'a deja plus d'apparat féminin mais doit continuer la lutte.C'est à ce moment qu'elle rencontre un journaliste qui a connu son frère.Une nouvelle partie du roman s'ouvre à cette instant.Une nouvelle alliance,celle de l'amour,va les unir. Mais tout sentiment venant du coeur est un danger dans la ville,rend vulnérable ,et ,une nuit,Anna est kidnappée,trahit par un marchand de souliers qui veut la vendre en réalité comme viande humaine...

Mais je vous en dit trop.Beaucoup trop.

Le voyage d'Anna Blume est une antre de reférences et de reflexion quant à la société dans laquelle nous évoluons mais n'est en aucun cas une revendication,un roman engagé.Son auteur est bien trop romanesque,sensible,décent pour pointer du doigt,accuser sans finesse.

C'est avant tout une incursion dans le monde urbain et l'évolution de l'individu dans celle ci.
La marginalité,Paul Auster la comprend,la ressent à travers son statut d'écrivain qu'il dit « à l'écart de la vie,de la société »,comme un « témoin » qui « regarde les choses ».

Notons que le film est en projet de réalisation par l'argentin Alejandro Chomski.
Ce roman ne peut pas laisser indifférent me semble-t-il.Il donne surtout envie de plonger dans l'oeuvre de son auteur avec avidité jusqu'à en faire le sujet de son mémoire de fin d'année...et est le livre de chevet de nombreuses âmes sensibles,peut-être moins qu'un bon vieux Paolo Coehlo...hélas.

Par Regina
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Lundi 23 juin 2008

SAGAN (BONJOUR TRISTESSE EN EFFET...)

Nouvelle adaptation de la vie d'une héroïne populaire et charismatique,après la Môme de Dahan et sa Marion Cotillard oscarisée,c'est au tour de Sylvie Testud de se voir proposer un rôle en or ,celui de la totale immersion dans le personnage de l'écrivain Françoise Sagan.

Bien sûr la ressemblance physique est manifestement indéniable,troublante presque à première vue,mais le petit corps infantile et malingre de Sylvie Testud adopte le rythme et les manières propres à Sagan avec brio(les cheveux et la cigarette qui cache son sourire sont un régal)jusqu'à son ton de voix,mi bourgeois mi mutin,dépassant l'exercice de la simple imitation à-oserons nous le dire- l'incarnation.Sylvie Testud est une actrice dotée d'une présence forte et gracieuse,limite estampillée intello qui sait se faire oublier au profit du rôle et laisse le spectateur se prendre doucement mais sûrement au piège.

Le film prend le parti de raconter,de décrire la vie de Francoise Sagan à la veille de son premier succès,le tonitruant "Bonjour Tristesse",épisode clé dans la vie de l'écrivain et enclencheur de la frénésie de vie qui ne va plus la quitter.

Dès lors,c'est à une allure folle qu'elle va griller son énergie en même temps que son porte monnaie,multipliant les dépenses excessives,les paris,les drogues,les mondanités...autant d'excès qui ne cherchent à montrer finalement que l'angoisse d'une artiste sensible et fragile,qui ne supporte pas la solitude et est parfaitement porté à l'écran par la voix de l'écrivain qui nous communique ces sentiments.Cette voix off fait office de confesseur au public,et tout au long du film,nous offre une incursion dans son intimité vraie et pure,le traitant comme un complice de son existence et de ses tourments d'une manière pudique et délicate.

Le film se revèle ainsi touchant et très émouvant,d'autant plus que les personnages secondaires sont aussi des vivants obsédés par la pulsion de mort,comme ces artistes à la sensibilité intolérable qui ne cherchent qu'à s'en évader par les moyens les plus brutaux.

Dans ce cas,Jeanne Balibar incarne à merveille Péguy Roche,sans doute la femme de la vie de Sagan,alcoolique et anti conventionnelle qui va emmener l'écrivain et sa petite musique à une vie a priori plus stable et lui donner l'amour tant recherché jusqu'à la mort.

Sagan est à y bien réfléchir un film sur la vie,ses chances et ses revanches,l'impression que la vie trop vécue reprend ses droits un jour plane comme une vérité trop brutale,comme une chandelle brulée aux deux bouts qui se consume à une vitesse folle.La mort du père de Francoise,Jacques Chazot et Peguy annoncent la mort de l'écrivain par leur décrépitude et la laissent finalement seule aux prises d'Astrid,femme de millionnaire piquante et sèche,à laquelle Sagan se raccroche de façon pathétique,rattrapée de plus en plus par cette angoisse dévorante de la solitude.

Mariée à deux reprises et sans succès,elle donnera naissance à un fils de sa deuxième union,Denis Paolo,en qui elle mettra trop d'espoir et s'éloignera très vite dès son adolescence.

Cette facette de sa vie,la maternité,n'est pas centrale et peu exploitée dans le film peut être à l'image de la place qu'elle occupait dans la vie de l'écrivain.

La vraie famille de Sagan se trouve dans ces amitiés,à la fois parasites et anges gardiens,flatteurs et conseillers,on retient surtout Jacques Chazot,son âme soeur,interprété par un Pierre Palmade plein de bonne volonté mais avec qui la sauce ne prend pas (mauvais jeu d'acteur,image de comique entiché?).

La poésie inonde le film et ce personnage de Sagan est une antre de délicatesse mélée à un humour et un esprit d'avant-garde détonnants.C'est pourquoi le personnage de Francoise Sagan est sans doute plus connu que son oeuvre elle même,et que son éditeur lui conseille de se tourner vers l'autobiographie car ses expériences ,ses limites sans cesse repoussées et cette force,cette assurance sont vraiment dignes des plus beaux portraits romanesques,du romantisme littéraire au punk avant l'heure.

Par Regina
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Dimanche 15 juin 2008

                A la première écoute, l'album "Fur and Gold" de Bat for lashes (Battre des cils, quel joli nom sans The!) dévoile instantanément toutes ses influences. Une voix brumeuse et des arrangements de guitares évoquant le "Free" de Cat Power, des échos de PJ Harvey ("Trophy" rappelle "The garden" de Desire) et surtout de Björk dans les passages lyriques et l'inspiration mystique des textes (coïncidence "we're dancers in the dark" dans Horse and I).
La jeune femme de Brighton et ses trois acolytes tiennent résolument la route, balançant violons,orgues, cuivres, guitares et choeurs comme venus d'ailleurs. Les onze titres multiplient passages electro (le super single "What's a girl to do") et morceaux plus intimistes au piano voix ("Bat's mouth","Sad eyes"...) avec délicatesse et sensualité, transportant l'auditeur dans un champ abandonné impregné de rosée à la  lueur du printemps...(je n'exagère pas du tout, n'est ce pas?) 

Première partie de Radiohead qui a complétement flashé sur le groupe, (Tom Yorke a déclaré passer en boucle "Horse and I", sans doute le meilleur titre de l'album), Nastaha Khan va donc parcourir le monde et même passer à deux reprises à Lille cet automne mais sans le groupe le plus aimé du monde, hélas.
En résumé si vous aimez le style de Devendra Benhart plus que ces compos, les musiques inspirées et inspirantes et les voix torturées mais pas torturantes, vous avez des chances d'apprécier Bat for Lashes...




Par Regina
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Samedi 14 juin 2008

Sex and the city... à votre cosmo!

Les tribulations des quatre modeuses de Manhattan sont portées à l'écran après plusieurs années de la fin de la série. Il va donc de soi de se poser la question de la pertinence du projet. Qu'y a t il à ajouter au final parisien, au Happy end sentimental, à la sérénité de la quarantaine de Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda?

Je répondrai : RIEN DU TOUT. 2H35 de pellicule nous dévoile subitement toute la superficialité et l'hypocrisie de cette série au combien jubilatoire sur un 36 cm.

Les clés de la réussite étaient l'humour, la mode et la fraîcheur des anecdotes. Dans le film, la mode étouffe littéralement le scénario, le laissant quasi inexistant, du moins inintéressant.

Les robes, les chaussures et autres meringues de créateurs affluent comme des images subliminales, les marques sont des flashes perpétuels qui vous éblouissent, certes, mais rappellent surtout l'enjeu commercial du projet. Tous les amis créateurs de Sarah Jessica Parker sont cités, mais où est passé Carrie Bradshaw, la vraie? Et bien elle pleure ou déprime durant la moitié du film car M.Big (qu'elle appelle John! Aucun respect pour les fans) a hésité comme un poltron devant l'autel.

Le pauvre ne veut pas forcèment se marier avec la fashion week incarnée, on le comprend un peu. Le duo censé depuis toujours être rafraîchissant, séduisant et original ne fonctionne pas du tout ici, sans doute car Big n'est pas le salaud habituel...

Bref, revenons à Carrie. Première réaction à la vue de sa silhouette sportirexique : lui envoyer par mail la recette du cassoulet provençal au lard de Maïté.

Le personnage est touchant car rêveur, inspirée par la recherche du grand amour et aussi sans doute parce qu'elle est larguée.

Mais avons nous mérité la guimauve du porte clé Love et sa passation de pouvoir par son assistante comme un espoir prophétique? Carrie est trop expérimentée pour ressortir ce genre de bluette, on attendait d'elle plus d'énergie, de spontanéité et surtout de conversations rythmées avec ses copines.

Car si Carrie est sur le déclin, les trois acolytes ne se portent guère mieux à priori.

Miranda est trompée par Steeve et se braque presque tout le film on en sait trop pourquoi son personnage n'étant pas creusé du tout. Son cynisme, hilarant dans les épisodes de la série fait place à une gêne, un mal être tout le long du film. La scène des transats à Mexico (Miranda se souciant peu de son épilation..) est représentative du manque de finesse général.

Samantha est vulgaire (la scène de la vente aux enchères est exagéré et inutile au possible) d'où le déménagement au paradis des bimbos qu'est Los Angeles. L'humour est présent mais par acoups, brutalement et d'une manière totalement triviale. La scène de la tourista de Charlotte aurait pu être drôle alors qu'elle est basse, limite dérangeante. Charlotte et Samantha sauvent de part et d'autre le film par leur excentricité très opposée mais franche et assumée.
A côté de ça, on tombe dans la pire hypocrisie quand Carrie décide de porter un vulgaire tailleur de mémé, pas de créateur darling' pour la cérémonie de mariage, comme si c'était le garant, la preuve de son amour pur et véritable pour Big.
Une fille qui vendrait sûrement un rein pour se payer une paire de chaussures dernière tendance, qui vit pour la mode et se change au moins cinq fois par jour...peu crédible même si bien pensé.

Les seconds rôles fidèles comme les amis gays de Carrie et Charlotte sont entraperçus alors que souvent très marrants et porteurs de rythme, d'énergie... On aurait aimé qu' Anthony  et son tempérament de feu de Dieu obtienne plus de répliques.
On retiendra quelques très belles tenues, une envie immédiate de dévaliser un centre commercial en sortant du cinéma,l 'argument implacable de la VO pour éviter l'effet stupide immédiat (je l'ai vu en VF..) et...surtout la nécessité d'acheter le coffret des six saisons en DVD au plus vite! Pour voir et revoir....car finalement aucun scénario n'aurait pu les égaler...

Par Regina
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